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La vie est une série de petites morts, alignées l’une devant l’autre, comme des soldats dociles d’avant-guerre.
Je suis morte vingt fois en l’espace d’une nuit. Peut-être plus. J’ai les rires sur une civière.

- Qu’on me brûle les papillons dans l’estomac, mais qu’on me flagelle avant, qu’on m’ouvre, qu’on m’éviscère, qu’on m’adultère. Qu’on me récite dans les neuvaines des poètes grandioses, être une muse martyr à qui on arrache la peau.

"Je suis la fille qu’on n’aime jamais plus qu’en secret."

J’ai envie

que tu me fasses mal
que tu me fasses si mal
que j’en veule mourir

J’ai envie que tu t’en ailles
que tu me laisses dépérir
dans l’attente de tes ailes
que tu reviennes
plein de repentir

J’ai envie de rire
de rire sous ton corps malade
d’être neuve sous les fleurs de ton sang
de me départir
de mes peaux fades
qui m’enserrent comme des serpents

J’ai envie de toi
de tes multiples fardeaux
de tes blessures de Roi
et de tes pires défauts

J’ai envie
d’avoir mal
de souffrir comme toi

J’ai envie
d’avoir si mal
d’avoir horreur de toi

J’ai envie que tu t’en ailles
si loin de moi
tellement que j’en voudrais
mourir
mourir dans le repentir

Je veux que tu t’en ailles
si loin de moi
que tu me laisses tes blessures de Roi -

"Allez, hop! Un peu d’sincérité: le monde est à pleurer."

Le temps d’un festin aux couleurs chaudes de sexe,
les amants s’achèvent

se dévorent
s’arrachent
se crèvent

Les petites morts du matin s’entretuent
lors des lunes pleines d’avant-demain

Les amants se déchirent avant les premiers soleils de l’exil

se créent
se vident
s’adultèrent

puis devant eux le sang béni des passions impossibles
tendre goût d’inquiétude au lever de lune
proliférant au milieu de l’air

La Bête, le Sauvage, l’Animal
multiple à chaque coup de hanches
à chaque coup de dents
s’amuse à mentir dans l’heure la plus franche

Résister aux peaux vagabondes
aux pupilles troublées
aux éternelles morbidesses
Embrasser le doux fiel qui t’inonde
pour oublier tes guerres de rudesse

Résister aux échos qui s’éternisent
comme de petits “Jamais”
dans les mordorures du “Maintenant”

Parmi mes visages aux mille parures
je voudrais hurler, je me tais pourtant

Les amants se déchirent devant les soleils maudits de l’exil

s’avalent
s’enveniment
comme de tendres vipères

se brisent et se quittent
dans le noir de la ville

Puis l’existence se fane après les Saintes Lunes
et leur amour se perd au creux de l’univers -

Je ne veux plus.

L’humain se lasse à tire-d’aile; je m’esquive prestement comme une reine crasse et vicieuse dans les poubelles de ghettos anonymes. Mes débris siègent fièrement au creux des coeurs corrodés et des corps acides, des infortunes maquillées et des nuits déplumées. Les carcasses se fondent en mignardises graisseuses, obstruent chaque pore de mes multiples peaux comme l’aiguille s’infiltre dans la veine. Mes pelures ressemblent à des insolences rouges, tombent dans une vague mollesse peri-mortem en me laissant béante comme un ciel mort… 

(Source: astudioapartment)

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Je veux que.

Je veux que ta peau se brise comme celle des nuages ecchymosés d’avant-tempête. Je veux que tu sois lacéré dans l’émoi de nos vagues perdues et de l’amour ricochet; que tu sois souverain de nos troubles grandioses.

Je veux que tu sois mon mari macchabée, abandonnant le futur pour des présents moins au passé. Des présents plus “maintenant”. Des présents, avec la lettre “P”, au pluriel, comme des esquisses de petites vies. Un peu comme plein d’allumettes fantômes qui n’éclairent qu’un moment. Tuons une petite vie d’allumette à chaque moment d’amour dépensé. Se rappeller que nous existons encore.

Je veux que tu sois mon amant double, deux toi que je jetterai aux oiseaux puérils de ma vie après usage.

Éphémérité!

Je veux m’accaparer le Clyde Barrow que tu ne seras jamais, je veux que tu me mettes ton flingue dans la gueule, juste pour ressentir quelque chose.

Et que tu me dises que tu m’aimes. 

“The world is changed because you are made of ivory and gold. The curves of your lips rewrite history.”